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Habiter le Verdon

20 ans de présence du parc et après?

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Les fabriques de la connaissance

Publié le 07 / 04 / 20

Le Parc naturel régional du Verdon est actuellement engagé dans la révision de sa Charte, document fondateur de mise en œuvre du projet de territoire. Des économistes du LEAD et des sociologues du département de sociologie d’AMU ont accompagné cette démarche et réalisé un diagnostic complet du territoire dont le but a été de tenter de mieux comprendre « comment vit-on dans le Verdon aujourd’hui ? » et de questionner le rôle et la place de la ruralité dans ses rapports à l’urbain, dans les valeurs qu’elle porte, les opportunités qu’elle offre et les difficultés qu’elle génère. Au-delà, c’est aussi la question du lien social qui est posée : qu’est ce qui fait société dans ces territoires « verdoniens » ? A quelles occasions les trajectoires sociales, résidentielles ou professionnelles se croisent-elles pour dessiner, ou pas, les contours d’une communauté de destins ?

Pour comprendre ces mécanismes, les chercheurs se sont appuyés, d’une part sur des analyses statistiques des données du recensement de l’INSEE, complétées d’autre part, par deux types d’enquêtes de terrains réalisées par des étudiants du LEAD et du département de sociologie d’Aix-Marseille sous la direction d’enseignants-chercheurs : l’une quantitative (questionnaires sur la thématique des mobilités dans le Verdon) ; l’autre qualitative (entretiens auprès d’habitants du territoire sur le mode de vie dans le Verdon).

Les grands enseignements qui ressortent des analyses du recensement de la population et des différentes enquêtes sont les suivants :

-Un territoire attractif au dynamisme démographique ralenti : avec 39 500 habitants dans le territoire d’étude du Parc du Verdon, la répartition de la population et des espaces artificialisés met en lumière le déséquilibre territorial entre l’est et l’ouest du Parc. L’évolution démographique actuelle met en évidence une certaine attractivité du territoire, notamment la zone ouest du parc, même si celle-ci connait un ralentissement. Cette croissance démographique repose exclusivement sur le solde migratoire alors que le solde naturel reste négatif, et ce depuis 50 ans. Les facteurs explicatifs de cette situation sont multiples : structure vieillissante de la population, ancrage de la population, absence de services.

-Une population vieillissante et soumise à des fragilités sociales : l’absence de propositions de formations post-collège entraine mécaniquement le départ des 18-24 ans qui le peuvent et qui le choisissent. Dans le même temps, on observe l’arrivée importante de jeunes retraités. Cette situation de vieillissement global de la population se double de fragilités sociales marquées, liées notamment à un faible nombre d’emplois qualifiés sur le territoire. La pauvreté concerne ainsi 17,4% des habitants du Parc.

-La contrainte de l’accès aux services : bien que proches de pôles urbains dont certains importants (Aix-Marseille notamment), les territoires du Verdon peuvent être considérés comme faisant partie de la ruralité régionale (voire de l’hyper-ruralité). Le Parc dispose sur son territoire des services les plus courants (écoles maternelles et primaires, médecins généralistes, commerces d’alimentation de proximité...) mais qui peuvent être éloignés notamment dans la partie est du parc. Il est en revanche dépourvu de services plus rares tels que l’hypermarché, le lycée ou encore diverses spécificités médicales avec de grandes disparités territoriales en termes d’accès à ces équipements au sein même du Parc. A titre d’exemple, les habitants des communes de l’est sont en moyenne à une heure d’un équipement de gamme supérieure contre trente minutes pour les habitants des communes de l’ouest.

-Des modes de vie en quête de nouveaux modèles ; bien que les modes de vie des verdoniens soient caractérisés par une certaine diversité, il existe un socle commun qui repose sur deux éléments : le Verdon », en tant que territoire, est unanimement vécu comme un espace de liberté où l’élément « nature » a une place centrale alors que le tourisme et ses effets sociaux sont vécus comme une atteinte au local.

-Le recul de la chasse, reflet du recul du mode de vie rural : la diminution des effectifs de chasseurs (-3 à -5% / an), le vieillissement des chasseurs (la moitié ont plus de 65 ans) et la mutation des manières de chasser (pratiques plus nomades où la chasse individuelle est délaissée au profit de battues au grand gibier) sont observées dans un contexte particulier qui est également à prendre en compte (effets du retour du loup sur le territoire sur le grand gibier, évolution du regard de la société sur une activité jugée souvent comme cruelle et dangereuse, développement des clôtures, effets du changement climatique sur la faune, etc.).

À télécharger

Univ-_Verdon_Leborgne.pdf

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20191017_RencontreCampagne_Leborgne.pdf

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LEAD_Rapport_dom_travail_INSEE.pdf

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LEAD_Rendu_Verdon_3_-_questionnaire.pdf

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LEAD_Rapport_final_EO_AGES.pdf

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Emprise géographique

Parc naturel régional du Verdon

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Type : Etudes

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